Un paquet salarial personnalisé sera-t-il la norme d’ici quelques années ?

02/08/2017

De plus en plus de travailleurs dans notre pays se voient offrir par leur employeur la possibilité de composer eux-mêmes leur paquet salarial. En ces temps de War on Talent, de nombreuses entreprises estiment qu’offrir un tel paquet constitue l’atout absolu pour séduire les collaborateurs idéaux.

Paquet salarial à la carte

Un salaire complet en espèces ? Ou un salaire un peu moins élevé mais augmenté d’une voiture de société ou d’un abonnement de train ? Ou encore plus de temps libre en convertissant des heures supplémentaires en jours de congé ? Les travailleurs déterminent de plus en plus souvent eux-mêmes le contenu de leur paquet salarial, bien entendu dans les limites et dans le cadre du budget fixés par l’employeur.

Il faut savoir que ces « plans cafetaria » ou « plans à choix multiple » ne sont pas neufs. A une époque, des entreprises américaines comme Google se sont lancées dans le créneau, mais aujourd’hui, la rémunération sur mesure devient de plus en plus populaire en Belgique aussi, que ce soit dans le chef de l’employeur ou du travailleur.

Les entreprises prennent conscience des avantages

Acerta a constaté que le nombre d’entreprises intéressées par les paquets salariaux flexibles avait pratiquement doublé en 2016. Ces entreprises s’efforcent, par ce biais, de séduire et de retenir les personnes adéquates.

Pour les économistes du travail, il n’y a pas là de mystère : un travailleur qui est impliqué dans la fixation de sa rémunération en retirera une motivation et témoignera d’un engagement plus volontariste au sein de son organisation. Il en résultera un climat de travail propice, profitable tant au travailleur qu’à l’employeur.

Le travailleur est lui aussi séduit

Les travailleurs, surtout les plus jeunes, gèrent leur salaire de manière de plus en plus consciente et veulent avoir un contrôle sur la façon dont ils le gagnent. Chacun a sa propre interprétation de ce que doit être cette rémunération : certains souhaiteront un smartphone haut de gamme, d’autres se contenteront d’un modèle moins cher, lui préférant un salaire net plus élevé.

D’une enquête d’Acerta réalisée auprès de 2000 travailleurs, il ressort également que la majorité des travailleurs dans notre pays préfèrent choisir eux-mêmes les composantes de leur rémunération et de leurs avantages extralégaux. La plupart des employés belges qui disposent d’une voiture de société souhaiteraient ainsi l’échanger pour un véhicule plus petit en échange d’un autre avantage (de préférence une augmentation de salaire, mais aussi des congés supplémentaires).

Un plan cafetaria ou à choix multiple procure plus d’autonomie au travailleur. Il devient en fait nettement plus aisé d’adapter sa carrière à ses besoins individuels au cours de chaque phase de sa vie active. Ainsi, alors qu’un travailleur débutant sera plutôt intéressé par une voiture de société, devenu parent, il optera peut-être quelques années plus tard pour des jours de congé supplémentaires.

Entre souhait et réalité

Jamais encore travailleurs et employeurs n’avaient autant souhaité une formule sur mesure pour la rémunération. SD Worx s’attend d’ailleurs à ce que cette tendance se renforce.

Au demeurant, le concept renferme bien d’autres potentialités encore. Ainsi, que se passerait-il s’il trouvait à s’appliquer à l’emploi lui-même, en laissant au travailleur le choix de la manière dont il souhaite proposer ses connaissances sur le marché du travail et du moment où il entend le faire ? Le modèle cafetaria deviendrait alors un outil permettant d’affecter de manière toujours plus efficace les travailleurs et de pallier les pénuries.

Bien sûr, il n’est pas évident, dans notre pays doté d’une réglementation sociale complexe, d’introduire de telles libertés. Le fisc, les autorités et les partenaires sociaux observent en effet de très près ces évolutions, ce qui continue de limiter la marge de manœuvre.

Cependant, les pouvoirs publics semblent assouplir leur position. Il suffit de songer à cet égard à la nouvelle loi relative au travail faisable du Ministre de l’Emploi Kris Peeters. Maintenant que le flou juridique commence à se dissiper, de plus en plus d’entreprises se laisseront assurément convaincre. Si l’on en croit d’ailleurs les experts, la rémunération flexible deviendra la norme d’ici quelques années…

Plus sur: