La Banque des Règlements internationaux met en garde contre une nouvelle crise financière, mais les banques belges s’en sortent bien.

19/07/2017

Une nouvelle crise financière serait en train de couver sur les marchés émergents et elle pourrait bien frapper durement. Dans son rapport annuel, la Banque des Règlements internationaux (BRI) – la banque centrale des banques centrales – évoque la possibilité d’une crise financière et d’un ralentissement de la croissance dans des pays comme la Chine.

Le rapport de la BRI commente les risques d’une éventuelle recrudescence de l’inflation, du stress financier, du surendettement et du protectionnisme et explique comment ces risques pourraient affecter la croissance durable sur les marchés émergents.

Freins à la croissance 

La BRI prévoit qu’après une longue période de records à la baisse, les banques centrales vont devoir relever les taux afin de limiter l’inflation. Une forte progression de l’inflation contraindra en effet les banques centrales à durcir plus que probablement leur politique, ce qui risque d’étouffer la croissance économique. Le surendettement des ménages pourrait alors avoir un effet de frein sur la consommation et les investissements, et donc aussi sur la croissance.

Le protectionnisme de plus en plus accentué pourrait bien lui aussi freiner la croissance économique. Ainsi, si des mesures ayant pour effet de limiter le commerce devaient être prises, la productivité risquerait de progresser à un rythme plus faible, du fait de la raréfaction de la concurrence.

Marchés émergents

La BRI insiste plus spécifiquement dans son rapport sur les risques que renferment les marchés émergents. La Chine présente en effet aujourd’hui les mêmes signes avant-coureurs que les États-Unis et la Grande-Bretagne juste avant la crise de 2007-2008. Ainsi, les dettes des entreprises chinoises ont pratiquement doublé en 10 ans et représentent désormais 166 pour cent du produit intérieur brut, alors que l’endettement des ménages a progressé l’an dernier pour atteindre 44 pour cent du PIB.

Par ailleurs, l’agence de notation de crédit américaine Moody’s a récemment abaissé, pour la première fois depuis 1989, la notation de la Chine de A1 à Aa3. Cette notation risque de rendre le crédit encore plus cher pour les autorités chinoises.

Il n’y a pas que la notation de crédit chinoise qui soit sous pression. La BRI constate que sur d’autres marchés émergents asiatiques, comme la Thaïlande, les dettes augmentent plus vite que la croissance.

Come-back durable pour les banques belges

Nos banques vont-elles également en arriver là ? Une étude du bureau de consultants Roland Berger sur la rentabilité de 13 banques belges semble d’ores et déjà contredire l’hypothèse d’une nouvelle crise bancaire en Belgique.

Les banques belges ont fort bien réussi à restaurer leur rentabilité et se positionnent même mieux sur ce plan que leurs collègues européennes. La principale raison de ce redressement tient à la croissance de leurs revenus. C’est ainsi que les banques belges sont parvenues à préserver une marge de taux suffisamment élevée et à accroître leurs revenus non liés aux taux. Les banques ont en outre aussi consenti d’importants efforts pour limiter leurs coûts et se désengager de leurs dettes.

Ce redressement ne peut cependant être considéré comme un fait acquis. Les banques ont dès lors intérêt à rechercher davantage de revenus non liés aux taux, par ex. dans des commissions ou des rémunérations pour les services bancaires. Dans cette perspective, les banquiers devront s’engager hors des sentiers battus et développer de nouveaux services bancaires, conjointement avec des opérateurs non financiers. En outre, il conviendra que les CEO fassent en sorte de placer la gestion des coûts tout en haut de leur liste de priorités.

En savoir plus ?

Le rapport complet de la Bank for International Settlements peut être consulté via ce lien.

Apprenez en plus sur la situation des banques belges en lisant l’étude : ‘A sustainable comeback? Belgian bank profitability since the crisis.’

 

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