Global Banking Outlook : l’année 2017 sera placée sous le signe de l’amélioration de la rentabilité

22/03/2017

Même en période d’incertitude, les banques doivent entreprendre résolument des démarches afin d’améliorer leurs prestations financières. Tel est le message clé du Global Banking Outlook 2017, Uncertainty is no excuse for inaction. Dans le cadre de l’élaboration de ce rapport, le cabinet de consultants EY a demandé à des senior executives de près de 300 banques de par le monde quelles étaient leurs priorités stratégiques. Les réponses ont permis de dégager des points d’action susceptibles de contribuer à améliorer la rentabilité bancaire.

Faibles résultats en 2016

Au cours du premier trimestre de 2016, les banques ont enregistré des résultats médiocres en termes de rentabilité. Au début du deuxième trimestre, la situation a paru se redresser, mais le résultat du référendum sur le Brexit et des élections américaines ont fait retomber le soufflé. En conséquence, la rentabilité du secteur bancaire est demeurée modeste, même sur les marchés émergents.

Tendances pour 2017

Certes, les attentes sont plus positives pour cette année, car par exemple la confiance des consommateurs aux Etats-Unis a repris le dessus après les élections. Mais d’un autre côté, l’incertitude demeure sur la question de savoir si les banques pourront tirer parti de la situation.

Les auteurs du rapport ont formulé eux-mêmes quelques tendances pour 2017. Ils insistent surtout sur le fait que les autorités de contrôle souhaitent, dans les prochains mois, transposer dans la réglementation la politique retenue.

Incertitude quant à l’avenir

L’étude a aussi donné aux banques l’occasion de préciser à quoi elles s’attendent pour l’avenir. Elles estiment ainsi qu’elles devront dans les 12 prochains mois surtout concentrer leur attention sur la gestion des risques et la réglementation. Elles considèrent que ces aspects seront prioritaires pour le management et sont conscientes que des investissements supplémentaires seront nécessaires.

Le secteur bancaire sait donc ce qui l’attend, mais il est un obstacle qui demeure : l’incertitude quant à l’avenir. Quelles seront les conséquences du Brexit ? Quelles décisions prendra Donald Trump, en tant que président des Etats-Unis ? De nombreuses banques seront déjà trop heureuses de pouvoir pour l’instant simplement demeurer à l’abri.

Un constat de l’étude le démontre : 11% seulement des personnes ayant répondu estiment que les prestations financières de leur banque s’amélioreront dans les 12 mois à venir. Un manque de liquidités à investir combiné à un sentiment d’incertitude … voilà un cocktail bien pauvre en perspective !

L’incertitude ne peut être une excuse

Même si le secteur bancaire n’entrevoit guère de perspectives très réjouissantes, beaucoup des plus grandes banques du monde commencent malgré tout à réfléchir aux manières d’étendre leurs activités et de les optimiser. Et c’est aussi ce qu’elles doivent faire, selon EY. Le cabinet de consultants insiste en effet sur le fait que 2017 doit être l’année où le secteur bancaire mise pleinement sur la rentabilité. EY considère, dans cette optique, que les banques peuvent entreprendre à court et moyen terme cinq démarches pour y parvenir :

Reshape

En dépit de la pression bien perceptible exercée par les instances réglementaires et les marchés, les banques doivent rechercher de nouvelles manières de renforcer leur rentabilité. Il serait opportun qu’elles réexaminent leur structure organisationnelle actuelle. Elles devraient aussi mettre un terme aux activités dans lesquelles elles n’excellent pas, de manière à pouvoir mieux se concentrer sur leurs avantages concurrentiels. Autrement dit, elles doivent prendre conscience de leurs points forts et les développer.

Control

Il est nécessaire de rester attentif aux three lines of defense risk management, et il convient de mieux gérer essentiellement les risques non financiers.

Protect

Cet objectif s’articule autour de trois points d’action. Tout d’abord les banques doivent regagner la confiance des clients, des autorités de contrôle et des investisseurs. Par ailleurs, il leur faut appréhender les menaces venant tant de l’extérieur que de l’intérieur. La technologie et des systèmes mieux sécurisés peuvent aider dans la lutte contre les cyberattaques et la criminalité financière. Enfin, il appartient aux banques de préparer au mieux leurs collaborateurs aux nombreux défis qui les attendent, entre autres via de solides formations.

Optimize

Les modèles de fonctionnement doivent à nouveau être concrétisés. La technologie et les partenariats peuvent déboucher sur une meilleure prestation de services et une baisse des coûts.

Grow

Créer de la croissance dans un contexte où les clients ont des attentes toujours plus élevées et où de nouveaux opérateurs se profilent sur le marché, tel est le défi à relever. Tout l’art pour les institutions consistera à conserver leur part de marché actuelle tout en utilisant leurs avantages concurrentiels comme tremplin vers la croissance.

L’innovation est indispensable

Bien que le secteur bancaire soit toujours interpellé, principalement par la question de la gestion des risques et de la compliance, les auteurs de l’étude insistent sur le fait que les banques doivent réexaminer leurs activités sur le fond et les concrétiser. C’est là le seul moyen pour qu’elles puissent croître et améliorer leur efficacité... tout en continuant néanmoins à respecter la réglementation. C’est pourquoi il faut absolument, selon EY, un nouveau mode de pensée articulé autour de la notion clé d’innovation.

Le rapport explique clairement que les banques ne peuvent, seules, amorcer un tel tournant. Elles ont besoin pour ce faire de tout un écosystème, ainsi qu’EY appelle ce changement. Ceci impliquera surtout que les banques prennent elles-mêmes moins d’activités en charge, mais osent plutôt déléguer à d’autres prestataires de services. La réussite des banques dans la réalisation de cet objectif dépendra de la manière dont elles géreront l’innovation et la qualité de l’écosystème.

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