Financement bancaire vs alternatif : à chaque projet son financement sur mesure

11/10/2016

Lorsqu’un entrepreneur est à la recherche de financement, il arrive souvent qu’il envisage en premier lieu un emprunt auprès de la banque. Tous les projets ne bénéficient toutefois pas de cet octroi de crédit traditionnel. Mais à quelles autres formes de financement les entreprises peuvent-elles faire appel ?

Aux Pays-Bas se déroule en ce moment la semaine du Crowdfunding (financement participatif) qui prend la forme d’un événement de trois jours. Les entrepreneurs y apprennent comment mettre sur pied une campagne de crowdfunding afin de financer la croissance de leur entreprise.

Une occasion idéale pour passer en revue les différentes formes de financement alternatif - dont le crowdfunding

Importance vitale de la complémentarité dans le financement

Le financement bancaire traditionnel constitue toujours la principale forme de financement pour les entreprises. Ainsi, en 2016, l’encours des crédits aux entreprises s’élève-t-il à quelque 120 milliards EUR.

Ce chiffre résulte notamment des faibles taux d’intérêt actuels. Le coût d’un crédit bancaire pour les entrepreneurs est en effet assez bas : le taux d’intérêt moyen pour un nouveau crédit s’élevait à seulement 1,7% en juin 2016.

Par ailleurs, le degré de refus est lui aussi peu élevé. Autrement dit, les banques se montrent souples dans l’octroi de crédit aux entreprises. Ceci montre également que les entrepreneurs préparent convenablement leur dossier de crédit, de manière à maximiser leurs chances d’obtenir un crédit bancaire.

Cependant, le crédit bancaire n’est pas nécessairement LA solution pour tous les entrepreneurs et tous les projets. La forme de financement idéale est celle qui est taillée sur mesure pour l’entreprise.

Dans la lettre d’information 360° de Febelfin de juin 2016, Dirk Wouters, CEO de la Banque J. Van Breda & C°, a souligné l’importance du financement bancaire comme du financement alternatif: “Je pense que c’est clairement complémentaire. Le financement bancaire peut être complété par d’autres sources, y compris publiques. Les formules où des particuliers placent leur propre argent – comme le prêt gagnant-gagnant ou le crowdfunding - sont également utiles. Le contexte économique évolue vite et parfois, il faut pouvoir se fier à son intuition. Ce n’est possible que si l’on investit ses propres deniers. Il y a donc pour moi trois composantes : le crédit bancaire, d’une part, les initiatives publiques d’autre part et à côté de cela, le fameux Fools, Friends and Family et le crowdfunding. Le défi consiste à attirer l’attention de l’entrepreneur sur ces trois canaux.

Le financement alternatif peut être une option bienvenue, assurément dans le cadre du financement des start-up. Celles-ci n’ont en effet souvent pas - surtout durant leur phase de démarrage - une grande capacité de remboursement, ni une solide réputation, alors qu’une grande entreprise peut généralement déjà se prévaloir d’un long passé (bancaire).

Financement sur mesure

Même dans le cadre du financement alternatif, il convient de définir quel financement est le mieux adapté à chaque projet.

Voici une liste de quelques types de financement :

Leasing

Le leasing est de plus en plus populaire dans notre pays. Tant les bâtiments que les machines de production, les grues, le matériel de construction … peuvent faire l’objet de leasing.

La production de leasing totale a augmenté de pas moins de 37,1% au cours du premier semestre de 2016 par rapport au semestre correspondant de 2015.

Vous trouverez plus d'informations sur le site web de l'Association Belge de Leasing

Le win-winlening (prêt gagnant-gagnant)

En Flandre, il existe par ailleurs le prêt gagnant–gagnant qui permet à des particuliers de prêter des fonds à des PME et ou à des particuliers ayant besoin d’un soutien financier. C’est une manière pour les particuliers de soutenir par exemple la société d’un ami, d’un parent ou d’une connaissance tandis que les PME ont aisément accès au capital via leur environnement direct.

Il s’agit pour les entreprises d’une manière intéressante d’accéder au financement dans leur entourage direct tandis que les investisseurs bénéficient d’un avantage fiscal.

Le “win-winlening” a depuis peu son pendant wallon, le Prêt Coup de Pouce.

Crowdfunding (financement participatif)

Crowdfunding signifie littéralement "financement" par "la foule", c’est-à-dire financement par les gens. L’idée consiste à collecter de l'argent en ligne auprès d’un grand groupe de petits investisseurs. L'année dernière, le crowdfunding a enregistré une légère progression dans notre pays : de 0,0102 milliard EUR en mars 2015 son montant est passé à 0,0133 milliard EUR en mars 2016.

Le crowdfunding repose sur le même principe que le financement traditionnel : une campagne de crowdfunding requiert un bon business plan pour réussir.

Bien souvent, il ne suffit pas d’exposer les tenants et aboutissants du projet de crowdfunding dans le cadre de la plate-forme où il est présenté. Généralement, il est également nécessaire de s’investir dans la promotion du projet notamment via les médias sociaux.

Qui veut lancer un projet de crowdfunding doit donc clairement définir son public cible et la manière de le convaincre. Il est également important dans ce cadre de réfléchir préalablement au mode de financement le mieux adapté au concept et à la manière de procéder en pratique.

Les multiples facettes du crowdfunding :

  • Donations & Récompenses

Dans ce type de crowdfunding, les bailleurs de fonds font don d’un montant sans attendre en retour une quelconque rémunération ou récompense. Toutefois, dans la pratique, les investisseurs reçoivent généralement une petite compensation, souvent symbolique, pour leur contribution. Il peut s’agir d’un livre, d’un lien de téléchargement, d’un billet d’entrée à un événement, … 

  • Prêts

Dans ce cadre, les investisseurs reçoivent une rémunération périodique pour leur contribution. En fin de compte, ils récupèrent ainsi l’intégralité de leur investissement initial.

  • Participation aux bénéfices sur base du chiffre d’affaires (Revenue Sharing)

Les bailleurs de fonds reçoivent dans ce cadre une rémunération qui dépend du chiffre d’affaires réalisé.

  • Prise de participation (Equity crowdfunding)

La contribution des investisseurs représente l’intégralité du capital de l’entreprise par le biais d’une prise de participation. Les investisseurs sont rémunérés via un éventuel dividende.

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